Knesset19(Vue partielle des sièges de la 19ème Knesset,pour les voir tous cliquez ici)
La première, alors que les médias, notamment internationaux, donnaient largement en tête la droite et l’extrême droite, le scrutin se partage plus ou moins équitablement entre la droite («Likoud-Beiteinou », 31, coalition entre deux partis qui accuse néanmoins une perte de 11 sièges et « Habayit Hayoudi », 12, en augmentation de 9 sièges soit en tout 43) et le centre grâce à une percée du parti «Yesh Atid » 19,  auxquels s’ajoutent les partis de centre droit « Tenoua», 6 et « Kadima», 2 sièges (soit moins 26 pour ce dernier parti…) et une gauche consolidée. Ainsi le parti très à gauche «Meretz» double ses sièges (6) et le parti travailliste (15) grignote 3 places par rapport à la dernière Knesset (Parlement israélien). Soit 48 pour l’ensemble de ces formations du centre gauche.[1] 

Yair_Lapid(Yaïr Lapid)

La 2ème surprise qui conditionne la première est l’émergence d’un parti qui n’existait pas avant ces élections, «Yesh Atid», littéralement « Il y a un futur », du centre, laïque, pluraliste, soulignant les questions socio-économique et sociétales, il oeuvre à l'inclusion des ultra-orthodoxes dans la vie citoyenne du pays (éducation, formation professionnelle, armée, etc.) ainsi qu’au rapprochement entre religieux et non religieux. Ce parti mené par Yaïr Lapid qui intègre des activistes communautaires, des éducateurs, des éthiopiens, des russophones, des femmes en grand nombre, et des rabbins (2), a su convaincre des électeurs qui souhaitent des solutions au conflit interne à Israël (religieux et non religieux) et externe car « Yesh Atid » prône une reprise du dialogue avec les Palestiniens.

N(Naftali Benett)
La 3ème est l’augmentation  des sièges (12) de «Habayit Ayeoudit», qui gagne 9 sièges par rapport à la dernière Knesset  grâce notamment à son nouveau leader Naftali Benett et sa fusion avec un autre parti « Ihoud Leoumi ». Ce qu’il faut souligner ici c’est une présence beaucoup plus visible des sionistes religieux qui étaient en perte de vitesse. De plus, Naftali Benett.comble le déficit en communication dont a souffert cette mouvance. Cependant même si ce parti redonne des couleurs à son ancêtre, le « Mafdal », et qu’il se recentre aussi sur des questions sociales et sociétales, il reste très marqué à droite à cause de son soutien des implantations.

Pour les autres partis, il faut d’abord relever une certaine désaffection de l’électorat arabe même si les partis qui les représentent comptabilisent le même nombre de sièges :  « Liste arabe Unie-Raam-Ta’al », 4, « Balad » 3, «Hadash » 4. En effet, le résultat serait décevant au regard de la mobilisation de ces partis mais il semblerait que le public arabe les ait quelque peu boudés les trouvant trop idéologiques ou éloignés de leurs préoccupations quotidiennes. 

En ce qui concerne les partis ultra orthodoxes, le parti ashkénaze «Yaadout Athora », (7), gagne deux sièges alors que le parti séfarade «Shass» (11) a le même nombre de sièges. Ces résultats même si ils sont en hausse pour le premier parti soulignent une légère stagnation car la démographie plaide en faveur du milieu ultra orthodoxe. Pour quelles raisons n'ont-ils pas obtenu plus de sièges ? Probablement, là aussi, à cause d'une désaffection de leur électorat qui sent que ces partis, où les candidats députés sont nommés  par des autorités rabbiniques et gardent parfois leurs sièges à vie, sont davantage soucieux de la préservation d'une idéologie que de l'amélioration du bien être de ce milieu. Il faut croire aussi qu’une partie de l’électorat qui votait pour le « Shass », sans être extrémiste d’un point de vue religieux, s’est tournée vers d’autres partis plus proches de leurs convictions, las aussi, sans doute des accusations ethniques permanentes que met systématiquement en avant le « Shass ». En tout cas, et c’est regrettable, ce report de voix ou d’autres n’auront pas profité au rabbin dissident du "Shass", le rabbin Haim Amsellem, qui avait formé un parti «Am Shalem», d’ouverture, et pluraliste. Le public lui aura préféré le plus puissant « Yesh Atid ».

Est-ce que la prochaine coalition gouvernementale penchera vers le centre ou vers la droite ? Comportera-t-elle des partis ultra orthodoxes ? Quelles seront ses priorités ? Comment analyser plus en profondeur les percées de «Yesh Atid » ou de «Habayit Ayoudit » ? Telles sont les questions que nous aborderons au cours des prochains articles consacrés aux résultats des élections israéliennes sous l’angle des thèmes sociétaux qui concernent ce site de ressources. 

Sonia Sarah Lipsyc

Cet article reprend  un post de la page Facebook "Judaismes et questions de sociétéque vous pouvez rejoindre en cliquant ici.


[1]Pour la composition de la 19ème Knesset de 2013, cliquez ici.

Pour la 18ème  Knesset de 2009, cliquez là 

(2)Voir sur ce site Sonia Sarah Lipsyc, "Quelques personnalités de la société civile élues sur la liste du parti centriste « Yesh Atid »", 30.01.2013.