05 juin 2013

Une première femme « guide en matière de loi juive, spiritualité et de Torah » engagée dans une congrégation orthodoxe au Canada

rachel_Kohl_finegold(Rachel Kohl Finegold)

La congrégation « Shaar Hashomayim » est l’une des plus anciennes de Montréal. De rite ashkénaze, elle a été créée au milieu du 19ème siècle ; Lazarus Cohen, le grand père de Léonard Cohen, y fut un temps Président. C’est une synagogue orthodoxe, située dans Westmount, l’un des quartiers les plus bourgeois de la cité et qui, au fil du temps, se présente comme  « traditionnaliste ». 

Les hommes et les femmes prient de façon séparée, le rite est orthodoxe et prédomine tant dans son rituel que par ses rabbins mais c’est une congrégation ouverte aux évolutions du monde moderne orthodoxe. C’est pourquoi, elle vient d’engager une femme Rachel Kohl Finegold, 32 ans, comme «directrice de l’éducation et de l’enrichissement spirituel». Elle occupera cette fonction dès aout prochain.
Mme Finegold, elle-même femme de rabbin et mère de deux enfants (et bientôt trois)… terminera en juin son cursus de quatre ans afin d’être MaHaRat, acronyme de Manhiga Hilkhatit Rouh’anit Toranit, littéralement « guide en matière de loi juive, de spiritualité et de Torah», formation qu’elle a suivie à l’institut talmudique moderne voire open orthodoxe, la Yeshivat MaHaRaT à New York. 

Une MaHaRat ne diffère en rien, dans sa formation talmudique ou en loi juive de celle d’un rabbin, si ce n’est qu’elle ne peut, dans le courant orthodoxe, faire partie d’un « mynian » (quorum de dix hommes), diriger entièrement un office ou être membre d’un tribunal rabbinique. Elle répond cependant à toutes les questions portant sur la loi juive, fait des sermons ou des drashot, interprétations de la loi juive, en public, accompagne les familles au cours des divers événements de la vie juive (de la naissance aux funérailles). 

La Yeshivat Orthodoxe MaHaRaT, dirigée par Sarah Hurwitz qui a été la première femme MaHaRat et l’unique femme, jusqu’à présent à porter le titre de Rabba [1](équivalent de rabbin au féminin), a été fondée par le rabbin moderne orthodoxe Avi Weiss, à la tête, jusqu’à il y a peu, des Institutions Chovevei Torah.

Diplômée en juin, de la première promotion, Rachel Kohl Finegold, est semble-t-il la première femme MaHaRaT, à être engagée, peu ou prou, sous ce titre, par une Congrégation d’Amérique du Nord qui plus est la plus importante de Montréal puisqu’elle regroupe 1400 familles.
Rachel Kohl Finegold prendra régulièrement la parole en public dans la synagogue, s’occupera des classes d’études de la Torah, et de l'élaboration de programmes pour les jeunes et les jeunes familles. «Sa nomination est conforme à l’évolution de l’orthodoxie moderne » ont affirmé le rabbin Adam Scheier et président Joseph Paperman de la congrégation Shaar Shamayim.

Sonia Sarah Lipsyc

Source de l’article : Janice Arnold, “Montréal Orthodox shul hires first female clergy”, 12.04.2013.  

Ce texte reprend un post du 14 avril 2013 de la page Facebook "Judaismes et questions de société" que vous pouvez rejoindre en cliquant ici.


[1] Quelques femmes ont déjà été ordonnées rabbins au sein du judaïsme orthodoxe mais Sarah Hurwitz a été la première à porter ce titre tout à fait nouveau et inventif. « Le but de ce changement était de clarifier la position de Hurwitz comme un membre à part entière de l'équipe rabbinique (….) ». Mais devant le tollé provoqué par cette nomination autant de la part du monde ultra-orthodoxe (Agudath Israel) que moderne orthodoxe (RCA), le rabbin « Weiss annonça (…) que le terme Rabba ne serait plus utilisé pour ses futurs étudiantes, Hurwitz (cependant ndr) continuera à utiliser le titre Rabba » (Wikipédia).

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04 juin 2013

Est-ce que les femmes peuvent se revêtir d’un châle de prière (« talith ») ?

Femmesentalitdefemmes(Femmes en "talith", pour la source de l'image cliquez ici)

Un passage talmudique dans le traité Menahot 43a du Talmud de Babylone dit explicitement que les sages autorisent les femmes à porter un châle de prière affirmant même qu’elles y sont obligées mais dans ce même extrait, Rabbi Simon rappelle que les femmes en sont exemptes car il s’agit d’un commandement d’injonction positive (faire quelque chose) lié à un temps précis. Or nous savons par ailleurs (traité Kiddouchin 1 ; 7 du Talmud de Babylone) que les femmes sont exemptes de ce type de commandements…. mais non interdites !

La question va porter sur le fait de savoir si la femme qui souhaite se revêtir d’un châle de prière doit prononcer ou non la bénédiction d’usage avant de le porter. Maimonide (1135-1204) écrit dans « Lois franges aux vêtements (« tsitsith ») 3:9) :
« Les femmes sont exemptées de la loi biblique concernant le châle de prière. Les femmes qui le portent s’en enveloppent sans aucune bénédiction comme c’est le cas pour d’autres commandements positifs dont sont exemptées les femmes. Si elles veulent se prévaloir de ce droit sans bénédiction, on ne les en empêche pas. ».

D’autres décisionnaires ashkénazes cependant, comme les Tossafot (Moyen Age) autoriseront les femmes à prononcer la bénédiction avant de porter le châle de prière.

L’idée qu’une femme qui porte un châle de prière ferait montre d’arrogance (« yaharah ») est plus tardive. Et il y a probablement lieu de penser que, comme ce n’était pas l’habitude des femmes, le geste isolé de l’une d’entre elles portant le « châle de prière » interrogeait certains comme l’auteur du Shoulkhan Arouch, le code de référence de la loi juive (16ème siècle).


A notre époque,  le Rav Feinstein (1895-1986), l’un des décisionnaires les plus importants du monde orthodoxe, précisera dans un responsum de 1976, qu’une femme pouvait porter le châle de prière et même dire la bénédiction à ce sujet à condition toutefois qu’elle soit habitée par la piété et le désir d’observer la loi (et non par d’autres considérations). 
Il souhaitait également que le châle de prière des femmes soit de préférence différent de celui des hommes, de sorte à ne pas risquer, à ses yeux, de contrevenir notamment à l’interdit pour les femmes de porter un vêtement d’homme. C’est pourquoi, les femmes orthodoxes choisissent généralement de porter un châle de prière dit féminin (ave des couleurs et non en noir et blanc). 

Alors pourquoi toutes ces réactions, souvent violentes contre les Femmes du Mur, -groupe de prière pluraliste qui se réunit chaque noéménie (« Rosh Hodesh, renouvellement de la lune fêté dans le calendrier hébraïque), une fois par mois,  au Mur occidental -ou celles ou ceux qui les défendraient ?! 

Certains diront par sexisme, ou par peur de l’évolution pourtant permise sur certains points par la loi juive ;  d’autres diront par conservatisme de la part de celles ou ceux qui confondant la fidélité avec une attitude rigoriste voire excluante.

Je vous laisse le choix de vos appréciations parmi celles-ci ou d’autres.

Quant à moi, je réitère mon soutien, mon admiration et ma reconnaissance pour les Femmes du Mur qui malgré les insultes et les agressions prient, depuis 24 ans, chaque mois, chaque « Roch Hodesh ». Elles permettront non seulement que les femmes puissent prier au Mur, en groupe, avec châle de prière et en chantant mais que le Mur soit à tous et non à une minorité de plus en plus ultra-orthodoxe. 
Faut-il rappeler que cette minorité a imposé, ces dernières années, aux instances officielles comme l’Armée ou le Ministère de l’immigration, que les serments des jeunes soldats et soldates ou les cérémonies de citoyenneté israélienne ne se tiennent plus sur l’esplanade du Mur occidental à cause de la mixité ou du fait que l’on entende des voix des femmes au cours de ces évènements nationaux?! Et que ces instances officielles ont reculé devant ces diktats ? 
Donc si les Femmes du Mur n’étaient pas là pour nous qui le serait ? Et si ce n’est maintenant, quand?


Sonia Sarah Lipsyc

Ce texte s’inspire notamment de l'article « Women and Tallit » (octobre 2009) d’un rabbin contemporain moderne orthodoxe, Shmuel Herzfeld qui officie à la synagogue Ohev Shalom à Whashington (USA).

Cet article reprend un post du 12 mai 2013 de la page Facebook "Judaismes et questions de société" que vous pouvez rejoindre en cliquant ici.

04 mars 2013

"Haredim (ultra-orthodoxes) et discrimination sexuelle en Israël

« Existe-t-il une discrimination sexuelle en Israël : des bus à l’effacement des femmes la sphère publique ? ». Mise en ligne sur AKADEM sous le titre « Haredim (ultra- orthodoxes) et discrimination sexuelle en Israël » de l’une des conférences et panels du colloque "Les femmes et le judaisme dans le monde contemporain" organisé par ALEPH- Centre d'Etudes Juives Contemporaines de la CSUQ à Montréal le 4 novembre dans le cadre du Pré Festival Séfarade 2012.

Peggy_Cidor(Peggy Cidor, journaliste au Jerusalem Post)

Cette vidéo comporte :

- Une Allocution d’Ouverture de Ralph Benatar, Président de l’Alliance Israélite Canada (7 min), 

- Une conférnce « La "pudeur" est devenue une obsession » de Peggy Cidor, journaliste au Jerusalem Post (Israël), (33 min)

- Un panel « Le monde orthodoxe bougera par les femmes » par Daniel Haïk, journaliste et rédacteur en chef de la version française de l’hebdomadaire « Hamodia » (19 min)


- « Un racisme envers les femmes » par Marius Schattner , journaliste et écrivain (7 min). Mais cette intervention aurait pu s'intituler "la peur réciproque du monde laique et du monde ultra orthodoxe".

- « La résurrection du shtetl au milieu du modernisme israélien » par Léah Shakdiel, universitaire (7 min)

Interventions modérées par Dr.Sonia Sarah Lipsyc, (directrice de ALEPH)

Ce panel était précédé de la diffusion du documentaire « Black Bus » de Anat Zuria, Israël.

Pour les autres vidéos de ce colloque, cliquez ici

23 février 2013

Le leadership des femmes dans le monde religieux

Le leadership des femmes dans le monde religieux  avec Peggy Cidor, journaliste au Jerusalem Post (Israël), Léah Shakdiel, enseignante et figure du féminisme juif orthodoxe (Israël), table ronde introduite et modérée par Dr.Sonia Sarah Lipsyc, (ALEPH, Montréal), 44 minutes.

Mise en ligne sur AKADEM de l'un des panels du Colloque International "Les femmes et le judaisme dans le monde religieux contemporain" organisé par ALEPH-Centre d’Etudes Juives Contemporaines de la CSUQ à Montréal le 4 novembre dans le cadre du Pré Festival Séfarade 2012.

 L_ah_Shakdiel(Photo E.Silber, Léah Shakdiel)

 Je mentionne la lutte des femmes pour l’éligibilité des femmes au Consistoire Israélite du Bas-Rhin, en 2007[1]. Léah Shakdiel relate sa lutte en Israël pour l’éligibilité des femmes au sein des conseils religieux municipaux en Israël[2] et Peggy Cidor contextualise la problématique des textes de la tradition juive traitant du leaderhsip religieux dans le judaisme. Je conclus en rapportant la question du vote et de l’éligibilité des femmes au temps du « yishouv » (communauté juive sur la terre d’Israël avant la création de l’Etat) et analyse après Peggy Cidor, un avis de Maimonide sur la question des responsabilités publiques et de représentativité d’une communauté par des femmes.

Ce panel a pour titre « Féminisme et pouvoir religieux en Israël » dans cette mise en ligne d’Akadem

Sonia Sarah Lipsyc



[1] « Le combat emblématique de l’éligibilité des femmes au Consistoire Israélite du Bas-Rhin (novembre 2005-janvier 2007) » dans les Cahiers du Judaïsme, Paris, (septembre 2008)

[2] « Mon combat pour être la première femme éligible au sein d’un conseil municipal religieux » dans Quand les femmes lisent la Bible, sous la direction de Janine Elkouby et Sonia Sarah Lipsyc, Pardes, Ed In Press, Paris, 2007. 

22 février 2013

De l'influence du féminisme sur le judaisme et des Juives sur le féminisme....

"Le féminisme est-il soluble dans le judaisme ?" avec PegGy Cidor, journaliste israélienne au Jerusalem Post, Léah Shakdiel, enseignante et  figure du féminisme juif orthodoxe et Dr Sonia Sarah Lipsyc, sociologue et directrice de ALEPH.

F_minismetjudaisme(Photo E.Silber, de gauche à droite Léah Shakdiel, Sonia SarahLipsyc et Peggy Cidor)

Mise en ligne sur AKADEM de ce panel qui s'est déroulé dans le cadre du Colloque International "Les femmes et le judaisme dans le monde contemporain"  organisé le 4 novembre 2012 par ALEPH- Centre d'Etudes Juives Contemporaines de la Communauté Sépharade Unifiée du Québec (CSUQ).

Ma communication reprend l'un de mes articles mis en ligne sur ce site, sur la conciliation entre judaisme et féminime ainsi que sur les figures du féminisme juif religieux. Léah Shakdiel expose les deux grand courants du féminisme universaliste et différentialiste ou essentialiste en soulignant l'influence de ce dernier sur le féminisme juif. Peggy Cidor relate la peur du féminisme dans certains milieux juifs orthodoxes. 

Les questions du public portent sur la persistance d'inégalité comme la dissymétrie du divorce dans la loi juive, la nature des renvendications des féministes, etc...

Chaque intervention peut s'entendre différemment, elle est accompagnée de documents et d'autres onglets permettent de prendre connaissance des biographies et bibliographies des intervenantes.

Sonia Sarah Lipsyc



21 février 2013

Groupes de femmes juives de prières dans le monde juif et Femmes du Mur à Jérusalem

Mise en ligne par AKADEM des panels et conférences du colloque international "Les femmes et le judaisme dans le monde contemporain" organisé par ALEPH -Centre d'Etudes Juives Contemporaines, le 4 novembre 2012 à Montréal dans le cadre du Pré Festival Séfarade.

Nous___la_table_ronde(Photo E.Silbert, de gauche à droite, S.Rothman-Benhaim, Léah Shakdiel, Sonia Sarah Lipsyc,Peggy Cidor et Sharon Gubbay-Helfer)

les groupes de prières de femmes avec Peggy Cidor, journaliste au Jerusalem Post (Israël)- Sharon Gubbay-Helfer, chercheure à l’Institut d’Etudes Juives Canadiennes de l’Université de Concordia (Montréal), Shelley  Rothman-Benhaim, Montreal Women's Tefillah Group (Montréal) et Léah Shakdiel, enseignante (Israël).

Table ronde introduite et modérée parD r.Sonia Sarah Lipsyc (ALEPH, Montréal),

CLIQUEZ ICI POUR VOIR CETTE VIDEO (55 minutes)

Pour en savoir plus sur les conférencières : cliquez ici


Sonia Sarah Lipsyc

 

05 février 2013

De quoi et de qui sera composée la prochaine coalition gouvernementale israélienne?

Un gouvernement de centre droit ?

Les résultats des élections israéliennes du 22 janvier dernier que nous avons exposés dans un précédent article[1], en particulier l’émergence d’un centre et d’une gauche plus forte qu’un pôle de droite, respectivement 48 et 42 sièges, ne présument pas de la prochaine coalition gouvernementale. En effet, même si le Likoud essuie un échec car il perd 11 sièges alors qu’il avait fait liste commune avec  Beiteinou  de Liberman, il arrive tout de même en tête avec 31 élus. Aussi revient-il à Bibi Netanyahu, Premier ministre sortant, la primeur de former le nouveau gouvernement.

PhotoKnesset(Knesset ou Parlement israélien à Jérusalem)

Il a déjà sollicité Naftali Bennett, leader du parti sioniste religieux de droite, HaBayit HaYehudi, qui a triplé ses sièges (12) et surtout tendu la main à Yaïr Lapid de Yesh Atid dont le tout nouveau parti a fait, avec 19 députés une entrée spectaculaire à la Knesset (Parlement israélien). Yaïr Lapid a accepté d’envisager d’entrer au gouvernement alors que les partis de gauche Meretz et Avoda (travaillistes) ont fait savoir qu’ils ne participeraient pas à une coalition avec le Likoud.

L’un des scénarios possible est donc que le prochain gouvernement se resserre au centre droit avec la participation éventuelle des autres partis centristes, Tenoua mené par Tsipi Livni et Kadima dirigé par Shaoul Mofaz. Ce dernier parti accuse la plus grande chute du nombre d’élus mais ce n’est guère une surprise. Fondé par Ariel Sharon, dans le coma depuis des années, Kadima est une émanation du Likoud et a souffert de dissensions internes profondes lors de la précédente législature.

Au vu des résultats, cependant, la prochaine coalition sera plus soucieuse des préoccupations socio-économiques de la classe moyenne ainsi que des questions sociétales en particulier la remise en cause du statu quo entre laïques et religieux, institué par Ben Gourion, à la veille de la création de l’Etat d’Israël. Ce statu quo[2] stipulait que tout ce qui avait trait au statut personnel (circoncision, mariage, divorce, enterrement) dépendrait, pour les Juifs, du rabbinat officiel et orthodoxe du futur Etat d’Israël. Il indiquait également que les organismes officiels de ce futur Etat respecteraient la cacherout (règles de nourriture conformes à la loi juive) et que le jour du shabbat serait chômé. Il accordait aussi une autonomie financée en partie par l’Etat pour le système d’éducation du monde orthodoxe (hinouch atsmait) [3]. Ce statu quo fut consolidé, en 1950,  par l’accord de Ben Gourion, alors Premier ministre de l'Etat d'Israël, qui accepta d’exempter du service militaire tout étudiant ultra-orthodoxe d’une yeshiva (école talmudique) qui en faisait la demande.

Le prochain gouvernement soulignera, bien évidemment, la question sécuritaire incontournable notamment avec l’Iran. Préoccupation que Bibi Netanyahu a déjà mentionnée à plusieurs reprises depuis les résultats des élections. Qu’en sera-t-il de la reprise et de la teneur des négociations avec les Palestiniens ? Là aussi, tout dépendra des différentes possibilités de la coalition gouvernementale, selon qu’elle soit prononcée à droite ou au centre[4]. Ces derniers aspects (politique étrangère et problématiques laïques-religieux) étaient absents de la campagne de Shelly Yachimovich, leader de Avoda, qui aurait probablement fait un meilleur score si ce parti s’était penché sur ces questions[5]. Ce refus de plancher sur ces points cruciaux a sans doute, à gauche, profité au parti plus à gauche qu’est Meretz.

Le service militaire et civil pour tous, laiques et religieux, en Israël

L’une des questions épineuse et centrale portera sur l’entrée ou non du parti ultra-orthodoxe séfarade Shass au gouvernement car elle est révélatrice d’un des chantiers prioritaires auquel s’attellera le gouvernement : « le service militaire ou civil pour tous » c'est-à-dire principalement l’obligation des ultra-orthodoxes d’accomplir ce devoir national[6]. Yesh Atid a fait savoir qu’il s’opposait à l’intégration de Shass dans un gouvernement auquel il participerait car ces deux partis sont en totale divergence sur la question du service civil et militaire pour tous. Depuis l’annulation, en février 2012, par la Cour Suprême de la loi Tal, reconduisant l’exemption militaire accordée par Ben Gourion en 1950 pour des dizaines étudiants ultra-orthodoxes de yeshivot (écoles talmudiques), devenus au fil des ans des dizaine de milliers[7] et son expiration en août dernier, d’ailleurs à l’origine aussi des élections anticipées de janvier 2013 : Yesh Atid prône un enrôlement progressif des jeunes ultra-orthodoxes dans l’armée pour un service militaire ou civil[8] alors que Shass a déclaré qu’il valait mieux quitter le pays que de s’acquitter des obligations du service national[9].

Soldats_priant(Jeunes soldats priant avec talith, châle de prière, et tefilin, phylactères)

Il reste que Bibi Netanyahu, rompu aux négociations pour créer des coalitions, pourrait se passer, cette fois-ci, pour obtenir une majorité, de faire entrer des partis ultra-orthodoxes.
Ces derniers ont maintenu leur score (Shass, 11 sièges) ou l’ont augmenté sensiblement (Yaadout Athora, 7 soit + 2 sièges). Ce qui est, somme toute relativement peu, au regard de leur démographie, « estimée à 4,5% par an contre 1,5% pour les autres » [10]. Nous avions évoqué dans notre précédent article[11] les raisons de cette relative stagnation des ultra-orthodoxes, due principalement à un écart entre les soucis quotidiens du milieu haredi, confronté à une pauvreté croissante et les préoccupations idéologiques de leurs députés nommés par les Conseils des Sages de leurs obédiences, candidats et donc élus le plus souvent à vie, parfois de façon héréditaire. Il s’avère cependant que des orthodoxes se retrouvent élus sur d’autres listes comme le Likoud ou Yesh Atid ainsi qu’au sein de HaBayit HaYehudi. Ces élus orthodoxes, cependant, affichent généralement une volonté de vivre ensemble avec le monde laïc et exprime un engagement sioniste. Or le milieu haredi ne s’implique que faiblement dans ce vivre ensemble et adopte une attitude anti-sioniste ou plus majoritairement a-sioniste. Mais, étant donné que le service civil ou militaire pour tous, sera l’un des premiers chantiers de la prochaine coalition, serait-il judicieux d’exclure les ultra-orthodoxes du gouvernement ? D’un côté, leur présence, comme dans le passé, risque d’entraver toute initiative, de l’autre, il est impossible de changer le statu quo, l’un des fondements de l’Etat d’Israël, sans impliquer le monde ultra-orthodoxe dans ces décisions.

Mais le service militaire ou civil pour tous, n’est qu’une des problématiques sociétales qui attend le prochain gouvernement israélien. Il y a aussi, en ce qui concerne le monde ultra-orthodoxe, la poursuite de création de filières de formation pour améliorer leur entrée dans le monde du travail. L’interrogation du statu quo portera également sur le pluralisme juif religieux (reconnaissance des autres courants du judaïsme non orthodoxe comme les conservative ou les libéraux dans certaines instances de l’Etat hébreu), sur l’introduction du mariage civil en Israël et de manière générale, élaborera la perspective sur certains points de la séparation de la religion et de l’état.

 Du pain sur la planche pour les années à venir et des réponses à ces questions dépendra le visage d’Israël d’un futur proche et plus lointain. Thématiques sociétales de ce site d’observation que nous avons créé, il y a deux ans, et que nous développerons dans le troisième et dernier article consacré aux résultats des élections israéliennes.

Sonia Sarah Lipsyc



[1] Voir sur ce site Sonia Sarah Lipsyc, « Trois surprises caractérisent au moins les résultats des élections législatives israéliennes de 2013, », Judaismes et Questions de Société, 29.01.2013, 

[2] Le contenu de ce statu quo est exprimé dans une lettre de 1947 que Ben Gourion envoie à l’ « Agoudat Israël », parti ultra orthodoxe ashkénazeet a sioniste qui représentait alors l’ensemble de cette population. Il est maintenant l’un des partis constitutifs du parti « Yaadout Athora  (lettre de 1947 à l’attention de l’Agoudat Israël). 

[3] Voir sur ce site : Yaël Soussan avec la collaboration de Sonia Sarah Lipsyc, «Education et monde ultra- orthodoxe », JEQDS, 29.05.12.

[4] Voir Leslie Susser, « La question palestinienne et la coalition », Jerusalem Post, 21.01.2013. 

[5] Cf à Simon Epstein recueillis par Nicolas Zomersztajn, « Une Knesset plus modérée et plus centriste », Regards, 23.01.13 

[6] Soulignons que les orthodoxes sionistes s’acquittent, bien évidemment, du service militaire.  Les jeunes de ce milieu intègrent généralement la « yeshisvat esder », école talmudique qui leur permet en 5 ans (et non en trois ans, période du service militaire obligatoire) d’alterner études et service national. Ils étoffent également depuis des années, le corps des officiers de Tsahal.  Une partie également minoritaire mais significative du milieu « haredi » (ultra- orthodoxe) s’est toujours acquitté bon gré malgré des obligations du service militaire.

[7]Laure Beaulieu, « Les enjeux du débat sur la conscription en Israël », Le Monde, 18.07.2012.

Cf. aussi à  Marc Femsohn, « L’abrogation de la loi Tal ou la fin des pigeons », Guysen, 24.02.2012 

[8]Attila Somfalvi, “Lapid presents service for all plan”, Israel News, 01.05.2012.

[10] Mylène Sebbah, « Le seul parti qui a rencontré sa démographie », Israel-infos.net, 25.01.2013. Nous donnons la source des chiffres évoqués mais nous ne partageons pas pour autant l’analyse de l’auteure sur notre sujet. 

[11] Ibidem note 1 

03 février 2013

En Israël, la Cour Suprême vient en aide à une femme attendant son divorce religieux ("guet")depuis 10 ans

En Israël, la Cour Suprême vient en aide à une femme attendant son divorce religieux (« guet ») depuis 10 ans en invalidant une décision de la Haute Cour Rabbinique

La Cour Suprême, par un arrêt invalidant une décision de la Haute Cour Rabbinique, aide une femme qui attend son guet (divorce religieux) depuis 10 ans. Rappelons que, selon la loi juive, seul l’homme peut accorder le guet… Cette dissymétrie s’accroit du fait que durant cette période le mari peut mener une vie affective et sexuelle avec d’autres femmes célibataires et avoir des enfants alors que durant la même période une femme serait adultère si elle avait des relations avec un ou d’autres hommes[1]  et les enfants nés de ces rapports seraient considérés comme mamzerim (illégitimes), statut qui les contraindrait à ne se marier religieusement qu’avec d’autres mamzerim[2]… Cette situation est d’autant plus insupportable qu’il existe des dispositifs propres à la loi juive (halakha) orthodoxe qui entraveraient le refus de l’homme à donner le guet ou celui de la femme à la recevoir mais ces solutions comme l’Accord Prenuptial ne sont pas mises en application par manque de consensus dans le monde orthodoxe[3]. Il existe, toutefois, des moyens légaux en Israël qui peuvent jouer en faveur de l’octroi du guet aux femmes.

Rabbin_Amar(Grand Rabbin Séfarade de l'Etat d'Israël, Shlomo Amar, photo Marc Israel Sellem)

Car, relevons-le encore, le divorce religieux n’est pas prononcé par un tribunal mais accordé par un mari et lui seul devant un Tribunal Rabbinique. Il doit le faire de son plein gré au risque sinon que le guet soit invalidé mais le Tribunal Rabbinique a toutefois une certaine marge de manœuvre. En effet, s’il juge que le mari doit délivrer le guet à son épouse, il peut influer de diverses manières pour  l’orienter  dans ce sens. Il existe en Israël des dispositions légales que le Tribunal rabbinique peut mettre en branle : interdiction de sortie du territoire, suspension d’une carte de crédit, etc. Ainsi, dans le cas qui nous intéresse, le Tribunal Rabbinique avait usé des moyens à sa disposition pour incliner le mari récalcitrant à donner le divorce ... jusqu’à le mettre en prison.

Mais comme, même emprisonné, l’homme refusait d’accorder cette répudiation, après des années, la femme s’était tournée vers le Tribunal Civil de la famille pour déposer une plainte contre le mari en demandant des dommages et intérêts. La Haute Cour du Tribunal rabbinique, - incluant le Grand Rabbin Shlomo Amar, actuel Grand Rabbin Séfarade de l’Etat hébreu, les rabbins Tsion Boaron et Eliezer Igra, un futur candidat pour le poste de Grand Rabbin d’Israël-, avait alors conditionné le maintien en prison du mari récalcitrant au fait que l’épouse retire sa plainte auprès du Tribunal Civil de la famille. Ce qu’elle avait accepté de faire mais ce geste n’a pas suffi à la Haute Cour du Tribunal rabbinique qui voulait que ce retrait soit définitif et non provisoire pour continuer à approuver le maintien du mari récalcitrant en prison[4].

Cour_Supr_me(Cour Suprême d'Israël, photo Michal Fatta)

L’avocate de l’épouse, Me Hadas Grossman, accepta de retirer de façon définitive ce recours en dommages et intérêts auprès du Tribunal Civil de la famille, à condition que le mari accorde le divorce.

La Haute Cour du Tribunal Rabbinique refusa cette condition, craignant qu’elle n'implique un précédent ; elle était soucieuse aussi de garder toute son autorité sur les moyens de pression sur les maris récalcitrants. Une source rabbinique dément qu’il s’agisse d’une riposte de la part du Haute Cour de Tribunal rabbinique dans ce qui serait une rivalité de juridiction entre le religieux et le civil mais que le la plus grande instance juridique rabbinique aura agi ainsi afin que le guet, s’il était donné, ne soit pas invalidé[5]. En effet,  dans la loi juive, un guet ne doit pas être donné sous la contrainte même si le Tribunal Rabbinique bénéficie d’une certaine marge de manœuvre à l’encontre du mari récalcitrant. Il s’avèrerait ici que la Haute Cour du Tribunal rabbinique ait considéré qu’une demande en « dommage et intérêts » puisse être assimilée à une contrainte pesant sur le mari. Cette opinion est loin d’avoir été partagée jusqu’à présent par les tribunaux rabbiniques du monde juif qui font une distinction lorsqu’un Tribunal civil condamne un mari pour astreinte ou pour dommages et intérêts. La première condamnation sanctionnant « un retard dans l’exécution d’une obligation » risquerait d’invalider le guet pour certaines autorités rabbiniques, la seconde sanctionnant une faute passée serait tout à fait acceptable[6].

Livrededroit_marteau

Après le refus de la Haute Cour Rabbinique d’accepter la condition que l’épouse liait au retrait de sa plainte en dommages et intérêts auprès du Tribunal Civil de la famille et devant la libération prochaine du mari de prison par la Haute Cour Rabbinique, l’épouse s’est tournée vers la Cour Suprême. Avec l’aide des associations «Mavoi Satum» qui, comme «Kol Haisha», aide juridiquement les femmes en attente de guet, les associations de femmes pratiquantes, Na’amat,  Kolech (le forum des  femmes juives orthodoxes féministes), et la WIZO, elle a déposé un recours d’urgence auprès de la Cour Suprême pour empêcher la libération imminente de son mari, qui aurait eu lieu ce  jeudi après autorisation de la Haute Cour du Tribunal Rabbinique.

La Cour Suprême a imposé le maintien en prison du mari récalcitrant sans condition de retrait de la demande en dommages et intérêts de la plaignante auprès du Tribunal civil de la famille.

Si l’avocat du mari, Me Zamburg, considère qu’il s’agit là « d’une ingérence directe des tribunaux civils dans un cas sous la seule autorité de la loi rabbinique »[7], la plaignante et les associations de femmes se sont réjouies de cette décision à plus d’un titre :

- le maintien du mari récalcitrant en prison comme moyen de pression dans l’espoir que l’homme délivre le guet

 - le fait que l’offensive de la Haute Cour du Tribunal Rabbinique contre le Tribunal civil de la famille, afin de garder main mise sur les décisions en matière de guet, ne se fasse pas sur le dos des femmes. De plus, cette décision de la Haute Cour du Tribunal Rabbinique, si elle n’avait pas été invalidée par la Haute Cour de Justice ou Cour Suprême, « aurait porté atteinte aux droits fondamentaux des femmes en Israël, celui de tourner vers les tribunaux civils et de demander des dommages et intérêts »[8].

Sonia Sarah Lipsyc



[1] Ou femmes, si l’on croit une décision récente d’un tribunal rabbinique en Israël. Voir sur ce site, Sonia Sarah Lipsyc, «Un tribunal rabbinique considère qu’une relation d’une femme mariée avec une autre femme constitue un adultère», Judaismes et Questions de Société, 2 février 2012. 

[2] Cf. Sonia Sarah Lipsyc avec la collaboration de Maître Annie Dreyfus et Janine Elkouby, Le Guide du divorce religieux (guet) en France, WIZO, Paris, 2008. 

[3] Voir : -  Janine Elkouby, «Quelles solutions pour les «messorevot guet» ?», Blog Moderne Orthodoxe, 05.01.2013. Les messorevot guet sont littéralement les femmes à qui on refuse le guet, autrement dit l’une des catégories des femmes agounot (littéralement ancrées à leur statut marital) - et sur ce site, Sonia Sarah Lipsyc, «Des rabbins orthodoxes s’engagent pour l’obligation de l’accord prénuptial par les conjoints avant tout mariage juif», Judaïsmes et Questions de Société, 20.06. 2012. 

[4] Voir Jonah Jeremy Bob, «Court Rejects Rabbinate order, keeps husband jailes », JPost, 29.01.2013

[6] Voir texte Annie Dreyfus. « Divorce civil et divorce religieux » dans Femmes et Judaismes aujourd’hui, sous la direction de Sonia Sarah Lipsyc, Ed. In Press, Paris, 2008 p 176-177.  Elle précise que « l’astreinte est une somme d’argent à verser  (…) en cas de retard dans l’exécution d’une obligation. Sur le plan juridique, condamner quelqu’un à une astreinte revient donc à sanctionner à l’avance un comportement fautif éventuel ». Ce qui poserait problème au regard de certaines autorités rabbiniques pour la validité du guet telle qu’il est conçut actuellement. Par contre « Les dommages et intérêts , par contre interviennent pour réparer un comportement fautif passé ». Bien souvent, d’ailleurs, en France ou ailleurs, les rabbins ou Tribunaux rabbiniques, « impuissants »,  conseillent aux épouses de se tourner vers les  tribunaux civils pour poursuivre les maris récalcitrants pour « intention de nuire » et réclamer des  dommages et intérêt (voir Le Guide du divorce religieux en France op cité p 6 et p 8).

Au Canada, aussi grâce au combat des femmes juives et notamment de Norma Joseph, un article fut introduit dans la loi en 1990 (Divorce Act, ch.18, 21.1). Il stipule que « La loi dit aussi que si votre époux refuse de collaborer avec vous pour obtenir le guet, le tribunal peut refuser de traiter sa demande en droit familial ou décider qu’il ne pourra se défendre dans le cadre de l’action engagée ». Il y a aussi au Canada une possibilité d'interjeter en dommages et intérêts. Cf « Act To End Violence Against Women »,  Pourquoi ai-je besoin d’un divorce juif ? p6-7. Voir également  «Civil_recognition_of_Jewish Divorce» http://en.wikipedia.org/wiki/Civil_recognition_of_Jewish_divorce

[7] “High Court blocks Rabbinate, etc..” op cité.

[8] « Court rejects Rabbinate order, keeps husband jailed », op cité. 

02 février 2013

Un tribunal rabbinique considère qu’une relation d’une femme mariée avec une autre femme constitue un adultère

Balance_JusticeC’est une première… Un tribunal rabbinique de Rishon Letsion (Israël) a décrété qu’un mari ne devait pas verser de pension alimentaire à son ex épouse car celle-ci lui avait été infidèle…en ayant eu une relation avec une autre femme. Faut-il comprendre de ce jugement que l’infidélité d’une femme la prive de pension alimentaire au regard de la loi juive ? Mais en quoi est-ce une première? Dans le fait qu’une autorité halakhique (de la loi juive) appréhende au même niveau une relation homosexuelle et hétérosexuelle. En effet, jusqu’à présent, la loi juive tout en jugeant une relation saphique comme un acte de dévergondage ne la condamnait pas de la même manière qu’une relation entre deux hommes car elle ne considérait pas qu’il y avait un acte sexuel entre deux femmes[1]… Cette décision du tribunal rabbinique, qui pour certains n’aurait pas d’appui halakhique, risque de créer un précédent. Il est possible toutefois le Tribunal ait agi de la sorte pour punir la femme d’avoir persisté dans sa relation malgré ses engagements dans une thérapie familiale alors que le couple n’était pas encore séparé. Notons que l’homme persuadé que son épouse avait une relation avec une autre femme s’engagea lui aussi, en cours de procédure de divorce, dans une autre relation.

La femme a toujours le recours de se tourner vers un tribunal civil pour percevoir une pension alimentaire notamment pour ses deux enfants. Rappelons qu’un divorce, accordé selon la loi juive uniquement par l’homme, n’est validé que devant un tribunal rabbinique mais que l’octroi d’une pension alimentaire peut être ordonnée, dans certaines conditions, par un tribunal civil.

Sources

-       Dovid Schwartz,” In Groundbreaking Decision, Rabbinic Court Equates Lesbian and Heterosexual Relations”,  Jewish Press, 27.12.2012

Shmaraya Rosenberg, “In a first for Israel, State Rabbinic Court Denies WOman Alimony Based on Alleged Lesbian Affair.”, Failed Messiah, 27.12.2012 

Car article reprend un post de la page Facebook "Judaismes et questions de société" que vous pouvez rejoindre en cliquant ici.

[1] Voir Martine Gross, « Judaïsme et homosexualité féminine » dans Femmes et Judaïsmes aujourd’hui, sous la direction de Sonia Sarah Lipsyc, Edition In Press, Paris, 2008. (lien)

29 janvier 2013

Quelques personnalités de la société civile élues sur la liste du parti israélien centriste « Yesh Atid »

Parmi les nouveaux députés récemment élus en Israël sur la liste de « Yesh Atid », menée par Yaïr Lapid, qui a fait une percée remarquable lors des élections législatives de janvier 2013[1], il y a des personnalités remarquables de la société civile. Nous n'en relevons ci dessous que quelques uns d'entre eux.

D_put___thiopienne(Députée Penina Tamnu –Shata)

Penina Tamnu –Shata, première femme éthiopienne élue à la Knesset (parlement israélien), avocate, venue à l’âge de 3 ans en Israël dans le cadre de l’Opération Moïse.

Dr.Ruth Calderon, qui fonda « Ellul » et « Alma », deux « yeshivot « (académies talmudiques) égalitaires et pluralistes, lieux où des hommes et des femmes, pratiquants ou non, de droite ou de gauche, étudient ensemble les textes de la tradition juive(2').

Lavie(Députée DrAliza Lavie)

Dr Aliza Lavie, universitaire et féministe, auteure d’ouvrages notamment sur les prières des femmes ; elle a d’ailleurs été récipiendaire du the National Jewish Book Award » pour son livre "Women's Prayer."

ll y a aussi le rabbin Dov Lipman, qui a fait sa « alya » (montée, à savoir immigration en Israël), il n’y a que quelques années des USA. Orthodoxe, il est très impliqué dans le dialogue entre les différentes mouvances orthodoxes, ultra orthodoxes et laïques à Beth Shemesh, cette ville « laboratoire » où se côtoient toutes les sensibilités israéliennes et qui avait fait la une des journaux en décembre 2011 après qu’une petite fille religieuse de 8 ans, Naama Margoulies, ait été agressée sur le chemin de l’école par des hommes en noir qui considéraient qu’elle n’était pas habillée assez pudiquement[2] (sic).

En fait, nous retrouvons parmi le programme de ce nouveau parti, fondé par Yair Lapid, qui a créé la surprise en devenant la 2ème formation du pays, nombre de points qui fondent l’observation de notre site et page facebook sur « Judaïsmes et questions de société » : dialogue entre religieux et laiques, préoccupation de l’intégration des ultra orthodoxes dans la vie citoyenne d’Israël (armée, éducation, travail), souci d’une justice sociale, etc

Attention, cette observation n’est pas une adhésion….elle signifie simplement que ce parti qui a émergé traduit bien dans son programme et les êtres qui le portent le fait que ces questions sont au cœur des préoccupations israéliennes.

Sonia Sarah Lipsyc

Cet article reprend  un post de la page Facebook "Judaismes et questions de sociétéque vous pouvez rejoindre en cliquant ici.

[1] Voir sur ce site, Sonia Sarah Lipsyc, «Trois surprises caractérisent au moins les résultats des élections israéliennes!», 29.01.2013

(2') Voir sur ce site, Sonia Sarah Lipsyc, "Quand les Juifs se réapproprient leurs textes", 01.01.2013

[2] Voir sur ce site, Sonia Sarah Lipsyc «La ségrégation sexuelle en Israël : état des lieux » 01.01.2012 



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