R'(Rachel Azaria)

Née à Jérusalem, Rachel Azaria, Juive orthodoxe, est mariée et mère de deux enfants. Elle est diplômée d’une licence en Psychologie et d’une maîtrise en Études de résolutions de conflits et paix de l’Université hébraïque de Jérusalem.

En 1998, elle  a commencé à militer au sein de l’organisation environnementale en Israël (« Board of Green Course »). De 2004 à 2007, Rachel Azaria a été directrice de Mavoi Satum, une organisation qui aide et lutte pour les droits des femmes en matière de divorce religieux (« guet »). En 2008, dans le cadre de la campagne électorale municipale, à Jérusalem, Rachel Azaria s’est vue refusée, par la compagnie d’autobus, que figurent sur les bus des affiches publicitaires avec sa photo alors que la compagnie l’autorisa pour ses adversaires de sexe masculin. Constatant l’absence de femmes sur les affiches à Jérusalem et considérant que cette discrimination était contraire aux Lois fondamentales sur la dignité humaine et la liberté, elle décida de s’attaquer à l’exclusion des femmes du domaine public exigée par une partie de la population ultra-orthodoxe (« haredi ») en Israël. Mais c’est surtout le fait d’observer une certaine volonté du système à se plier aux revendications du monde ultra-orthodoxe mettant ainsi en péril la position des femmes au sein de l’État d’Israël, qui l’a poussée davantage à agir. Suite à la campagne électorale de 2008, Rachel Azaria, membre du parti « Yerushalmim » (« Yerushalmim Party ») qui défend une ville pluraliste et inclusive mais aussi représentante du mouvement « Réveille-toi Jérusalem » (« Wake up Jerusalem ») luttant également pour la justice sociale, obtint un siège au sein du Conseil municipal de Jérusalem.

Depuis, la question de l’exclusion des femmes de l’espace public est devenue l’une de ses préoccupations majeures, que ce soit dans la lutte contre la ségrégation des femmes dans les autobus les obligeant à s’asseoir à l’arrière des bus ; la campagne pour les droits des femmes à prier en groupe de prières au « Kotel » (Mur occidental) ; ou en déposant un recours auprès de la Haute Cour de justice dite aussi Cour Suprême contre la ségrégation des hommes et des femmes dans les rues du quartier de Mea Shearim (Jérusalem) pendant les fêtes de « Souccot », etc. Et de fait, en 2010, la Haute Cour de justice israélienne avait statué illégale la séparation entre hommes et femmes dans les rues du quartier ultra-orthodoxe, Mea Shearim, durant les fêtes de « Souccot ». L’année suivante, constatant que la précédente décision de la Haute Cour de justice n’avait pas été respectée, Rachel Azaria avait déposé un nouveau recours auprès de la justice. En réaction devant cette plainte déposée contre la ville de Jérusalem devant la Haute Cour de justice israélienne, le maire Nir Barkat l’avait relevée de ses fonctions en tant qu’adjointe au maire mais elle reste conseillère municipale.

Rachel Azaria mène une bataille qu’elle qualifie de « fer de lance des relations entre la religion et l’État aujourd’hui »[1]. Elle est de plus, soutenue dans sa campagne contre la ségrégation des femmes dans l’espace public par un public divers, laïc, orthodoxe, conservateur, réformiste, traditionnel et même par des femmes « haredi » (ultra-orthodoxes).  

 

Notice rédigée par Yaël Soussan. 

Sources :

http://leadel.net/talks/society-politics/rachel-azaria

http://www.haaretz.com/print-edition/opinion/on-the-battlefield-of-gender-segregation-1.397581

http://www.jewishjournal.com/israel/article/israel_takes_gender_fight_to_buses_billboards_20111117/

http://mishauzan.over-blog.com/article-nouvelle-polemique-religieux-laics-pour-nir-barkat-maire-de-jerusalem-87377689.html

http://www.limmudbaltimore.com/speaker/rachel-azaria/

 



[1] Rachel Azaria, « On the battlefield of gender segregation », Haaretz, 25 novembe 2011.