Magen David aux coleurs gays La loi du retour accorde à chaque Juif qui souhaite s’installer en Israël le statut de nouvel immigrant et la citoyenneté israélienne. Elle stipule également que les enfants, petits enfants et conjoints de personnes juives qui effectuent leur « alya », littéralement « montée », autrement dit qui immigrent en Israël, bénéficient des mêmes droits. Qu’en est-il des couples de même sexe notamment de celles ou de ceux qui se sont mariés dans un pays qui autorise les unions homosexuelles et qui souhaitent s’installer en Israël ? Leur mariage est-il reconnu par le Ministère de l’Intérieur et le ou la conjointe peut-il/elle bénéficier des mêmes droits qu’un partenaire d’un couple hétérosexuel au regard de la loi du retour ? En fait, il s’avère qu’il y a un vide juridique car si « la Loi du retour évoque le terme de conjoint et non de mari et femme » comme le fait remarquer dans l’article ci-dessous, Nicky Maor, avocat et directeur du Centre d’aide juridique pour les nouveaux immigrants ; « il n’y a pas pour autant de définition reconnaissant des partenaires de même sexe ». Certes, depuis 2006, la Cour Suprême a ordonné au Ministère de l’Intérieur d’inscrire dans le Registre des mariages les couples de même sexe s’étant unis à l’étranger mais ce même Ministère n’octroie pas pour l’instant au conjoint(e) d’un Juif(ve), ayant effectué son « alya », le statut d’immigrant et de citoyen. Il lui attribue tout au plus celui de résident temporaire, ce qui n’inclut pas les mêmes droits pour celui ou celle qui en bénéficie ainsi que pour le couple. L’histoire de Goldberg et Alvarez, un couple de gays américains, mariés au Canada depuis 2007, racontée dans l’article ci-dessous signé par Ilan Lor, illustre cette situation. Selon le journaliste, tout se passerait, comme si le Ministère de l’Intérieur, sous la responsabilité de son ministre, Eli Yishaï du parti Shass (sépharade orthodoxe), ne tenant pas à faciliter les choses, attendait d’y être contraint par un nouvel arrêt de la Cour Suprême. “Le ministre de l’Intérieur, qui est religieux, ne veut pas prendre la responsabilité de donner le statut d’immigrant à un demi-Juif en couple avec un gay ». Soulignons cependant, qu’en la matière, en Israël, la législation  à l’égard des minorités sexuelles et la protection de leurs droits civils et personnels sont l’une des plus progressistes au monde et bien sur, au sein du Moyen Orient. Ainsi non seulement les mariages des gays et des lesbiennes contractés en dehors d’Israël y sont reconnus mais  les couples de même sexe ont le droit d’adopter des enfants. (pour plus de détails à ce sujet cliquez ici). Si le Ministère de l’Intérieur, qui affirme toutefois, « regretter l’angoisse mentale que cette situation cause certainement au couple »[1], ne donne pas sa réponse d’ici le 31 Juillet, l’affaire sera portée devant la Cour Suprême.  

Sonia Sarah Lipsyc